On ne cessera de vanter la richesse des réseaux sociaux tant leur rôle dans la société est important et touche tous les domaines de la vie, des plus tournés vers le monde aux plus regardants vers soi. Les révolutions arabes et la campagne menée sur le net par Barack Obama en ont été les exemples le plus flagrants : les réseaux sociaux appartiennent à tous, qu’ils soient faibles ou puissants, reconnus ou pas.

Comment ça marche un réseau social ?

Rappelons-nous le temps où nous jouions dans la cour de récré et que nous échangions fébrilement un attaquant du Bayern de Munich contre un défenseur de la Juventus de Turin pour compléter notre équipe de football préférée. Comme nous, des dizaines de têtes blondes se livraient à une foire d’empoigne à la recherche des saintes vignettes Panini. C’était l’occasion de faire des connaissances, de dire du mal des filles et d’être invité à la prochaine fête qui prouverait combien on faisait partie du gotha de l’école. Plus tard, nous nous sommes organisés pour créer des événements d’une autre nature : soirée étudiante, journal du lycée, militantisme politique ; il fallait fédérer les talents pour que chacun mette ses connaissances au service du groupe. L’un était bon pour rédiger des tracts et des comptes-rendus, l’autre connaissait l’école toute entière, un troisième avait un certain don pour la logistique.

Aujourd’hui les enfants échangent d’autres jeux, les étudiants ont grandi mais le principe du réseau est resté le même : « Je me fais connaître car j’ai un talent recherché par d’autres. Tu as un talent, fais-le savoir au groupe ».

Ce qui change aujourd’hui radicalement, c’est que l’insouciance de l’enfance a laissé place à la préoccupation de l’âge adulte : les étudiants sont de plus en plus nombreux à rechercher du travail et le travail se trouve derrière les relations.

Les amis de mes amis sont mes amis

Quelle est la différence entre une boite de petits pois et une autre boite de petits pois ? Celle qui est recommandée par quelqu’un que l’on connaît a 78% de chances en plus de finir dans notre panier. En revanche, si l’avis de cet ami est négatif, elle a 38% de malchance de rester seule dans son rayon entre des carottes esseulées et des salsifis sur la sellette. C’est ainsi. Être recommandé par quelqu’un augmente de trois quarts votre probabilité à… être acheté. Ou plutôt à atteindre votre but, puisque nous ne sommes pas à proprement parler des produits de consommation. En effet, d’après une étude menée en 2011 par l’agence Little less Conversation, Les amis des mes amis sont mes clients, plutôt que forcer la porte d’un décideur, il vaut mieux se réclamer de connaissances en commun et être issu du même cercle.

L’union fait la force

En cela, les réseaux sociaux peuvent radicalement bouleverser la donne. Puisque « l’union fait la force », les étudiants ont tout intérêt à entrer en contact avec les diplômés, les diplômés en poste à utiliser le carnet d’adresse des grandes écoles pour recruter et les grandes écoles à faire valoir leur notoriété auprès des médias grâce à cet indice d’excellence relayé par ces mêmes réseaux sociaux. Pour s’en convaincre, en voici quelques exemples : celui de sciences-Po (dont le décès son directeur Richard Descoing a ébranlé l’ensemble des étudiants) et celui très dynamique des diplômés d’ESG. Deux niveaux de notoriété différents mais beaucoup de dynamisme.

Et la boucle est bouclée ? Non, pas tout à fait.

Outre la capacité pour chacun de se faire connaître, l’intérêt d’un réseau social réside en cela qu’il est en mouvement permanent. Il est le mouvement, pourrions-même dire, car ne pas en être revient à s’exclure du cercle.

Un outil puissant

Alors qu’il y a une poignée d’années il fallait passer un temps considérable avoir la possibilité d’entrer en contact avec les anciens de l’école – en espérant qu’ils aient le temps de le faire – aujourd’hui les bénéfices des réseaux alumni sont considérables.

Côté jeunes diplômés, faire partie du réseau de l’école vous donne un privilège à entretenir, comme procéder à des séances de speed networking, être naturellement coopté, participer à des rencontres, des manifestations, être accompagné dans la recherche d’emploi, former son propre club pour mettre en avant ses talents managériaux et créer une émulation autour d’un thème, etc.

Côté anciens, passer par l’école permet aussi de porter à la connaissance d’un réseau de décideurs une nouvelle nomination ou un changement de fonction (cf le site www.nomination.fr), se référencer auprès des principaux chasseurs de têtes, faire affaire, et bien sûr développer sa force commerciale.

« Mais oui, mais oui : l’école est finie »

Mais non, l’école n’est jamais finie. Et tant mieux. Comme on aiderait tout naturellement un proche, on coopte un camarade de promotion. Ce camarade se souviendra à son tour que vous l’avez aidé et vous ouvrira d’autres portes, et ainsi de suite.

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