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Le lancement de l’antenne de reclassement

La réalité des licenciements

L’ouverture d’une Antenne marque la réalité des licenciements. La tension est forte autant du côté des salariés que du côté des consultants. Les questions des salariés sur leur devenir sont pressantes. Les consultants  sont conscients que la réussite ou l’échec de ce début de mission tient à peu de choses. Leur attitude, leurs propos seront-ils ceux attendus par leurs interlocuteurs? Sauront-ils donner des gages de confiance ? Parviendront-ils à convaincre qu’ils ont les capacités professionnelles et les valeurs morales nécessaires pour accompagner un repositionnement réussi ?

Le chef de projet  sait que sa réactivité crédibilise le dispositif. Préoccupé d’identifier toute source de disfonctionnement  et  d’y apporter les correctifs, il est pendant cette période à l’écoute quotidienne de chaque membre de son équipe.

Le responsable des ressources humaines de l’entreprise cliente est très attentif au bon déroulement de la mission confiée au cabinet. Le chef de projet l’informe régulièrement en veillant à ne jamais rompre le pacte de confidentialité que les consultants et lui-même ont avec les salariés.

La commission de suivi                                                                                                                                 

La commission de suivi est l’instance de décision et de contrôle du déroulement du plan de sauvegarde de l’emploi. Le chef de projet a des comptes à lui rendre. Il lui présente des informations globales chiffrées. Il l’informe de la situation des salariés. Il présente et argumente les dossiers de demandes de financement des formations.

Les membres de la commission recueillent les questions et les avis des salariés adhérents à l’antenne. Au cours des commissions ils exposent les motifs de satisfaction et d’insatisfaction. Dans ce contexte de bouleversements subis par les personnes et par l’entreprise, le chef de projet peut vivre des  moments difficiles. Attentif aux sentiments individuels et collectifs qui s’expriment, il canalise des réactions exacerbées, accepte les critiques, propose des solutions et fait savoir par la suite qu’il les met en œuvre.

Avant même le lancement de l’antenne de reclassement

Comment s’organisent les antennes de reclassement ? Quelles sont les grandes étapes de la vie d’une antenne de reclassement ? sont autant de questions qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on est touché par l’une d’entre elles. Avec ce premier article d’une série de trois, nous allons nous intéresser de près à aux différentes étapes qui la structure. 

Avant même le lancement de l’antenne de reclassement

Une cellule de reclassement est mise en place pour accompagner les salariés licenciés à trouver une solution d’emploi durable.

Ainsi, en amont de l’ouverture d’une Antenne de reclassement …  il y a une rencontre entre un client potentiel et un cabinet spécialisé dans l’outplacement et le reclassement. Le client réfléchit à une restructuration, il demande au cabinet de lui faire une proposition pour accompagner le reclassement des salariés concernés. Une relation de confiance entre les deux parties est primordiale au bon déroulement de l’antenne. Il ne s’agit pas seulement d’offres d’emplois mais principalement d’accompagnement et d’échange.

A travers le dialogue qui s’établit,  se construit un dispositif complexe. Lors des premiers échanges beaucoup d’incertitudes demeurent quant aux conditions de départ des salariés. L’estimation du nombre de futurs adhérents à l’antenne est très approximative, comme l’est   leur profil et  la date des licenciements. Des options  sont étudiées : où sera implantée l’antenne ? Dans quels locaux ? Quel sera le profil de l’équipe de consultants ? Quels contacts établir avec les acteurs  économiques locaux ? Comment  structurer la recherche d’emploi …

Une proposition sortira de ces contacts. Elle sera  en concurrence avec  celles d’autres cabinets. Le projet  retenu  évoluera  jusqu’à la signature du contrat et ceci en parallèle avec l’avancement  du plan  de restructuration.

Une fois le cabinet RH retenu, il faudra présenter l’équipe de consultants aux partenaires sociaux : dernier acte commercial du processus de vente de la prestation.

L’enjeu pour l’équipe est  de démontrer qu’elle  est à la hauteur des attentes des partenaires sociaux.

La partie dédiée à la présentation de la méthodologie suscite habituellement beaucoup de questions.  Si, d’un cabinet à l’autre les méthodes différent sur la forme, le fond reste commun à tous. Après avoir présenté la méthodologie du cabinet, il reste à l’équipe la tâche de convaincre que les résultats qu’elle obtiendra ne seront pas tant dus  à des techniques qu’à la construction d’une relation  basée sur l’écoute et le respect,  entre le consultant et la personne accompagnée.

Histoire de métier, histoire de vie : ma carrière dans la marine

Interview de Frédéric Lesaulnier par Catherine ROTSTEIN, consultante RH spécialisée en accompagnement individuel et collectif

 

Que t’apporte aujourd’hui ton expérience dans la marine ?

J’ai travaillé dans un environnement où il n’est pas possible d’être créatif. J’ai été utilisateur de process que je n’avais ni à  critiquer ni à   faire évoluer. L’individu dans le système militaire a une capacité limitée de décider. Le militaire est un exécutant qui prend des décisions dans le cadre de processus normalisés.

Aujourd’hui je dois décider de ce que je fais, de comment je le ferai et à quel moment je dois le faire.

Entre temps il a fallu que j’apprenne à gérer ma liberté.

Dans la marine j’ai travaillé au sein d’équipes qui se doivent être efficaces, ce qui requiert de chacun implication et engagement. J’ai vécu  des moments humainement très intenses.

Quand j’accompagne, maintenant,  une personne en situation de mutation professionnelle, il s’établit avec elle une relation forte mais pas de même nature.

« Tu travailles avec des personnes dans l’armée alors que  dans l’accompagnement de personnes en mutation professionnelle,  tu travailles pour ces personnes. Mais dans l’armée comme dans l’accompagnement les conséquences de ton action peuvent être extrêmement fortes ».

C’est cette conviction qui a été mon garde fou quand, du jour au lendemain, j’ai intégré   une Antenne Emploi pour accompagner  des personnes en état d’insécurité. Elles venaient d’être licenciées et elles résidaient dans une région économiquement sinistrée.  J’ai appris mon métier au cours de cette première mission. J’ai forcément agi de manière inadaptée.  J’ai du aussi apprendre à évoluer.  Entre la vie militaire et l’accompagnement il y a un grand écart.

Avec du recul, je pense que  si j’ai pris ce chemin,  c’est qu’inconsciemment il me convenait. Ce travail me permettait d’exprimer un certain nombre de choses et d’y trouver une reconnaissance, une gratification.

Je suis arrivé par hasard dans ce métier puis c’est  devenu un choix. A l’origine quand je me suis présenté auprès du cabinet qui recrutait une équipe de consultants, je n’avais pas d’aprioris.  J’avais une forte motivation pour gagner ma vie et de la curiosité pour un nouveau métier. Les conditions matérielles proposées étaient bonnes et on m’accueillait les bras ouverts.

J’étais motivé pour  m’adapter, pour apprendre. J’ai vécu là une expérience d’insécurité, d’engagement et d’ouverture que je peux aisément partager avec les personnes qui sont en période de  mutation professionnelle ;  que ce soit une mutation  qu’elles sont prêtes à tenter ou qu’elles refusent.

La marine a été un terreau propice au  développement  de mes capacités d’apprentissage et  d’adaptation. Le système de formation y est très accessible.  6% de mon temps passé dans l’armée l’a été en formation. Sur un bateau chaque membre d’équipage acquiert plusieurs métiers qu’il  exerce souvent en parallèle. J’ai été, avant tout, marin,  j’ai été veilleur, barreur, radariste, canonnier. J’ai été  aussi militaire, j’ai appris à me servir d’un fusil, à diriger une équipe. J’ai aussi été expert-métier,  secrétaire tout d’abord puis plus tard responsable de la gestion de ressources humaines.

J’ai pu comprendre que l’acquisition de nouvelles compétences ne permet pas mécaniquement  d’obtenir les résultats escomptés. L’important est la manière dont chacun  agit pour parvenir au résultat attendu, comment chacun met  en œuvre les compétences acquises C’est pour cette raison que lorsque je travaille avec des personnes, j’essaie de saisir  comment elles fonctionnent et de m’adapter à elles. S’adapter  est une  vertu essentielle sur un bateau pour vivre  en collectivité, en équipe et pour   travailler dans un bureau d’1m² au sol  où tout bouge. Quand je suis arrivé dans le civil tout était simple.

As – tu le souvenir d’une expérience particulièrement formatrice ?

Après 4 mois de formation aux  techniques de mon métier, je rejoins mon premier poste. Dès le premier jour, sans aucune explication, sans période d’intégration,  on me demande de travailler. On me fait comprendre que je suis un moins que rien, que je ne sais rien faire. Je tombe dans un gouffre, je perds  confiance, je suis  dévalorisé. Ensuite, J’ai compris que c’était le chef de bureau qui avait pris le parti de me mettre dans une situation où je ne pouvais, en raison de mon inexpérience et du soutien inexistant,  que connaître des échecs. Au bout de 4 mois ce responsable est parti. Son remplaçant était pédagogue et il avait aussi un fils dans la marine. Pendant ces 4 premiers mois je culpabilisais et puis  du jour au lendemain j’ai pu m’exprimer et devenir moi-même.

Quelle leçon en tirer par rapport à aujourd’hui ?

Parmi les gens qu’on accompagne  certains  vivent des situations difficiles directement liées à leur licenciement mais aussi, quelquefois, au contexte professionnel dans lequel ils ont évolués ou à des situations personnelles difficiles. On doit les aider à comprendre ce qui se passe dans leur environnement. J’explique, j’aide à transcender ces situations.

Tu as dis que le cadre de  la marine ne permettait pas d’être créatif mais que c’était un espace de liberté extraordinaire cela peut paraître contradictoire.

La première période de formation est significative. Elle se déroule dans un cadre très organisé, militaire. Les occasions de croiser des instructeurs au bar existent.  Ce sont des hommes qui ont vécu la même vie que nous.  On comprend qu’il y a des règles qui peuvent être transgressées quand cela  ne porte ni atteinte à ton intégrité ni à ton métier. Le principe est « tu peux tout faire mais tu ne dois pas te faire prendre ».

Je travaillais dans une flottille d’avions de patrouille maritime. Du fait de la qualité de mon travail, on me laissait une grande autonomie par rapport à mon organisation.

Il faut savoir que chaque catégorie socio professionnelle a des espaces de convivialité dédiés. Par exemple « le carré des officiers mariniés». Ces lieux ont leurs propres règles, leur propre organisation. Ces lieux sont des espaces de transgression et de liberté dans un univers rigide.

Un jour je suis invité à boire le beaujolais nouveau, pendant mon service, par un officier. Je quitte mon poste et resterai toute la journée dans  le carré des officiers mariniés  sans que personne ni trouve à redire. Il existe d’autres espaces de liberté.  Ils  se rattachent à la culture maritime et à ses rites initiatiques,  le passage de la ligne en est un.

Quelles sont les valeurs qui se sont forgées à l’époque où tu étais marin ?

L’armée demande un engagement total qui peut aller jusqu’à donner sa vie. Le métier de soldat n’est pas un métier comme les autres. Un soldat travaille pour sa nation. Il apprend à travailler au quotidien et à faire usage de ses armes. Il sait qu’il s’en servira parce que le gouvernement lui demandera et pour défendre sa vie. Il s’engage dans l’abnégation. Il ne compte pas son temps, il travaille en équipe et confie sa vie aux autres. S’il ne respecte pas les procédures, il met la vie de l’autre en danger. Cette forte conscience de l’identité de l’équipe, de l’efficacité du collectif a un nom : l’esprit de corps. Il s’appuie sur des  symboles liés à l’histoire, à l’organisation de l’unité. L’intégration à un régiment débute par la visite du musée de ce régiment. Sur un bateau de nombreux objets sont porteur de l’identité du navire : le pavillon, les tapes de bouche…

La confiance mutuelle, l’engagement, l’esprit de corps, c’est ce qui m’a le plus manqué quand j’ai quitté la marine. Dans le civil, cette confiance n’est pas automatique. Je l’ai donnée et j’ai été déçu. Mais je continue. J’essaie de travailler dans des environnements d’affaires où ce type d’attitude est possible.

Le féminin masculin du personal branding

[l’intégralité du contenu de l’article est tiré d’une interview de Sophie Gourion http://www.youtube.com/watch?v=JHTBPHp_2g8]

Elles sont twitteuses, conférencières TED, laissent une empreinte repérable sur la blogosphère, sont recherchées pour leur expertise et connues pour avoir fait de leur genre un atout de valorisation de leurs compétences ; les femmes du web sont des phares pour bien des internautes de quelque sexe qu’il soit. Et pourtant… D’après une enquête récente analysant les biographies sur les profils Twitter, il apparaît que les femmes auraient moins d’influence que leurs homologues masculins. D’où vient cette différence et comment faire en sorte qu’elles valorisent aussi bien que les hommes leur marque personnelle ?

« Le » spécialiste

Quelques chiffres d’abord, pour donner une idée du paysage. Dans les bios Twitter, 85% de ceux qui se décrivent comme « spécialistes » sont des hommes ; 96% des adjectifs négatifs sont utilisés par des femmes, lesquelles parlent fois plus de leur vie personnelle que de leur vie professionnelle.

Qu’est-ce qui bloque les femmes dans la valorisation de leur image de marque ?

Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, à savoir qu’internet permettrait un affranchissement des codes genrés, une mise en scène décomplexée des savoir-faire autant que des ambitions dans l’agora que représente Internet, les femmes rencontreraient sur la Toile les mêmes freins que dans la vie réelle.

À l’origine, une éducation

Premier signe constaté : la confiance en soi est plus manifeste chez les hommes : l’enquête indique que si l’on compare les blogs, on constate que très souvent les hommes se présentent avec photo à l’appui directement sur la homepage, alors qu’il faut pousser jusqu’à la rubrique « à propos » pour trouver ces mêmes informations chez une femme. Plus en retrait, elles mettraient davantage en avant leurs qualités propres que les atouts relatifs à leur parcours professionnel. Etre apparent sur la Toile et faire parler de soi revient à être compétitif, à se battre dans la mêlée et à se confronter aux autres, or il existe une différence culturelle : on apprend aux petites filles à écouter – voire se taire – alors qu’on pousse les garçons à parler en public, et même on ne trouve pas anormal qu’ils parlent plus fort que les autres. La discrétion demeure trait de féminité quand la prise de pouvoir implique appropriation de l’espace, mise en avant de soi ; caractéristiques communément attendues chez les hommes.

Deuxième indice de blocage dans la valorisation de leur image de marque : les femmes ont le goût du collectif et préfèrent attribuer leur réussite personnelle à un groupe plutôt que se les approprier elles-mêmes.

Jouets de leur propre censure 

L’enquête montre aussi une propension au caviardage sur elles-mêmes que les hommes ne partagent pas. Naturellement typés « féminins », les blogs mode ou cuisine seraient le fruit d’une autocensure naturelle dont les femmes influentes sur le Net se sont départies pour se préoccuper de topiques qui intéressent les hommes, donc vont générer une plus grande influence sur l’ensemble du lectorat.

Au contraire de la majorité des bloggeuses, les papesses du 2.0 choisissent d’explorer d’autres territoires comme la politique, les nouvelle technologies ou le sport plutôt que se cantonner à des thématiques dites féminines. C’est ce qui fait leur force : elles se placent sur le même terrain que les hommes, savent se mettre en avant et sont naturellement suivies par un public très large.

Et mon image à moi ?

Quels conseils alors pour construire son personal branding, particulièrement quand on est une femme ? Vaste thème, que nous traiterons à l’avenir sous différents angles.

Assumer que partout, votre image vous suit ; autant la maîtriser. Quelque soit le réseau social, parler clairement des faits et des objectifs, les chiffrer, ne pas hésiter à mettre en avant ses compétences professionnelles, que ce soit sur des comptes comme Viadeo, Linkedin, Twitter ou facebook ; cela valorise votre profil. Par ailleurs, si Twitter ou facebook sont des outils de socialisation, mentionner vos centres d’intérêt professionnels peut toujours tomber sous les yeux d’un follower intéressé par vos hashtags ou d’un ami d’ami électrisé par vos statuts facebook. À ne pas négliger.

Parler franchement, sans complexer ni verser dans la mégalomanie. S’affirmer ne signifie pas être mégalo – conduite qui rebute et renvoie très vite à la case « suspect ». Au contraire, l’affirmation de soi donne envie de suivre celui qui s’assume. En ce sens, « spécialiste », « chef d’entreprise », ne sont pas des gros mots, il faut les utiliser sur les réseaux sociaux s’ils correspondent à la réalité.

Quant aux femmes, parler politique, High-tech, sport. Les femmes influentes sur le Net ont admis que s’exprimer sur le réseau des réseaux leur octroyait un pouvoir habituellement réservé aux hommes. Les autres doivent s’en inspirer : elles n’ont pas à rougir de s’autoproclamer spécialiste dans ces domaines.

Avant d’être suivies par des centaines de padawans, les maîtresses Jedi de la Toile ont bien dû commencé par se faire connaître, elles aussi.


Angoisse des jeunes : que faire avec un Bac + 1 ?

« Sujet : « Je suis actuellement en 1ère année de psychologie et ça ne me plaît pas trop ». J’ai déjà perdu une année l’an dernier lorsque j’avais opté pour des études de langues. Je suis perdue… » ; « Sujet : « Cas désespéré prépa après Bac +1″.  J’ai eu mon bac S avec mention bien […] j’ai choisi la fac et maintenant je me trouve en licence M.A.S.S. (Licence Mathématiques Appliquées et Sciences Sociale) avec une sérieuse démotivation, […] je veux désormais aller en prépa, […] je préfère bosser plutôt que de perdre mon temps. » ; « Sujet « Que faire après un bac +1 en France ?!!! ». J’ai besoin de votre aide ! Je viens d’avoir mon Bac option sciences physiques […] avec une moyenne de 15.76 […] Je voulais m’inscrire dans des écoles publiques qui sont en relation avec le commerce, mais je n’ai pas été admise (la liste d’attente) […] j’ai fait la fac de Casablanca option éco et gestion mais je n’ai pas aimé ce genre d’études (prof qui s’absentent et ces trucs-là) […]. J’ai vraiment besoin de réponses parce que là je vois que tout ce que j’ai fait se détruit devant moi… »  

Dans la jungle de l’orientation post Bac

Il suffit de s’arrêter sur les forums de discussions pour mesurer le degré de doute que ressentent les jeunes face à leur orientation. Après des années de relatif confort dans le cadre scolaire, la sortie du lycée peut être vécue pour nombre d’entre eux comme ce moment de vide qu’un détenu ressent une fois le portail de la prison fermé derrière lui (toute proportion gardée) : lâchés à la liberté, ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de reprendre l’entreprise familiale ou d’hériter la fortune d’un aïeul (laquelle aura tout autant ses limites, ne serait-ce que celles de l’intérêt) n’ont plus que le choix de s’interroger activement sur la meilleure direction à emprunter pour leur avenir.

Taupins, taupines, futurs ex étudiants

Dans un article du Monde datant du 11 février 2011 (« Prépas, objectif grandes écoles »), on s’interrogeait sur le désintérêt croissant des bacheliers pour les grandes écoles, en constatant qu’il affectait surtout les prépas économiques, commerciales et scientifiques au contraire des prépas littéraires qui, elles, progressaient. Menace accrue du chômage oblige, les jeunes bacheliers sont néanmoins nombreux à privilégier des carrières dites « sûres » et optent pour les C.P.G.E. (classes préparatoires aux grandes écoles)… en espérant qu’elles leur permettront de décrocher le concours convoité. Au sujet de la réorientation professionnelle, Libération a récemment interrogé trois jeunes sur les raisons qui les ont poussés à se réorienter, dans un article « Que faire avec un Bac + rien ?« 

Pour tous ces actifs en devenir, qu’ils soient étudiants actuellement ou futurs taupins (élèves de classe préparatoire scientifique), c’est l’inconnu. Les questions se bousculent dans l’esprit de chacun, préparé depuis toujours à cette sentence honnie : « Passe ton Bac d’abord ! ». Oui, mais après ? Que se passera-t-il après le Bac ? Il faut remédier à ces questions au plus vite car l’urgence de « gagner sa vie » se fait pressante. « Quel sera le bon cursus ? Quelle sera la bonne école ? Faut-il aller en fac et m’engager dans des études longues qui me destineront à la recherche ou l’enseignement ou privilégier une prépa ? Mais si j’échoue au concours, que ferai-je au bout de deux ans sans diplôme ? De l’I.U.P. ou du D.U.T, lequel sera le meilleur pour mon avenir ? À moins que je ne choisisse un B.T.S., ou que je n’intègre une école spécialisée ? Ces formations me coûteront-elles cher ? Me permettront-elles de trouver un travail à la mesure de mes rêves ? Comment ferai-je si je n’obtiens pas de bourse ? »

Combien nous, adultes, mesurons la difficulté d’avoir 20 ans en 2012 !

Faux départ

Nous avions déjà abordé la question de l’intérêt d’avoir un diplôme pour un jeune dans l’article « A quoi sert un diplôme aujourd’hui ? » : la nouvelle génération est tellement acculée à la machine Économie qu’elle doit faire le choix pertinent qui impliquera son avenir, tout en minimisant les risques d’échec, car chaque année perdue est une année qui pèse dans le budget familial.

L’orientation professionnelle est déterminante, mais de quelle façon – alors qu’on ne sait comment se figurer ce « monde du travail » dont toute la société parle – savoir si l’option qu’on a prise, est la bonne ?

Heureusement, de nombreux outils existent pour aider les jeunes à se faire une idée de ce qui les attend : les Salons professionnels en tête (le Salon de l’Etudiant ouvrira ses portes à Paris du 9 au 11 mars prochain ; le Salon de l’Orientation, qui vient de se tenir en novembre dernier ; les Salons Studyrama, organisés partout en France, etc.), mais aussi Internet bien sûr, sur lequel les jeunes pourront trouver toutes les infos dont ils ont besoin et surtout échanger leurs impressions et expériences grâce aux forums.

Bien orientés, grâce à nous tous.

La quête de la bonne orientation relève non seulement de la nécessité future à assumer son existence matérielle mais aussi de l’accomplissement personnel. Même si on ne s’implique plus à vie dans une entreprise comme le faisaient les anciennes générations, savoir concrètement où on va mettre les pieds est indispensable pour s’assurer de ne pas faire le mauvais choix que l’on aura tant de mal à rectifier. Que faire si on s’engage pour une école de commerce poussé par la peur des parents qu’on ne trouve pas de travail, alors qu’on a toujours rêvé d’une école d’Art ? Exercer un métier par contrainte sociale est la voie assurée vers l’échec. En dépit de bonnes notes, c’est la motivation qui manquera tôt ou tard.

À cette fin, on ne saura que trop recommander à ces futurs jeunes actifs de s’intéresser de plus près à ceux qui exercent aujourd’hui le métier qu’ils convoitent pour eux demain. À une époque où tout se joue à distance, où tout est désincarné, c’est faire preuve d’audace que de chercher à avoir des infos d’humain à humain, en direct. Pourquoi ne pas motiver nos jeunes à entamer le dialogue avec nous, dirigeants, professionnels de tous niveaux ? Proposons-leur de se servir de leurs outils favoris : le Net, Twitter, Facebook, etc. pour nous ouvrir à leurs questions. Les inviter à nous interroger sur nos activités respectives pourraient leur permettre de se projeter dans leur propre avenir. Bien sûr il existe les stages, mais ils nécessitent des conventions, et avant d’en arriver là, nombre de jeunes se sont déjà engagés vers une orientation professionnelle.

Permettons à notre jeunesse de sortir du cadre en l’engageant à nous parler, à nous poser des questions sur notre quotidien professionnel. C’est leur rendre service que de leur offrir des réponses à leurs questions, et c’est nous rendre service que d’apprendre de leur fraîcheur.

Faisons bouger les lignes, c’est en nous ouvrant à la jeunesse que nous resterons innovants !

Faire du commercial

C’est quoi, faire du commercial ?

Je ne suis pas commercial de formation. Lorsque je vais voir un client potentiel, je prépare l’entretien en recherchant des informations précises sur l’activité du client, mais je me demande souvent si c’est suffisant.

Par manque de culture « commerciale », lors de mes premiers entretiens, j’arrivais un peu les mains dans les poches. L’entretien se faisait un peu n’importe comment et j’arrivais rarement à convaincre mes interlocuteurs.

Ensuite, j’ai essayé d’être plus méthodique, je fixais un cadre : « Je vous propose d’organiser notre entretien de la façon suivante »…, mais j’ai le sentiment que mes interlocuteurs trouvaient parfois cette manière de faire trop directive.

Aujourd’hui, j’ai pris un peu de bouteille, ce qui fait la différence, ce n’est pas ma méthode, mais la confiance que j’inspire à mes interlocuteurs grâce à ma posture « posée », équilibrée autour d’un sens aigu de l’écoute et de l’empathie.

Alors, au-delà des techniques, il me semble que la qualité d’un bon commercial, c’est avant tout de savoir écouter son client !

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