16,3% de chômeurs ont plus de 50 ans. Les chiffres sont tout frais et les nouvelles ne sont pas bonnes pour les séniors en 2011.

État des lieux

On tend à déclarer que l’embauche des plus de 50 ans est une priorité, mais malgré les intentions de maintenir les séniors dans les entreprises ou de les réintégrer via une politique de l’emploi active en leur faveur (dispositifs d’aide à l’embauche, aides dégressives), seulement 38,9% des Français de 55-64 ans travaillent, contre 45,6% en Europe.

La question est aujourd’hui de savoir si on peut encore croire à l’intégration des séniors dans les entreprises ?

Du côté des séniors

Aujourd’hui les 50 ans et plus sortent du salariat, soit parce qu’ils ont été incités à partir en préretraite – notamment en raison du dispositif de dispense de recherche d’emploi -, soit parce qu’ils ont subi un licenciement, soit parce qu’ils sont au chômage depuis plus d’un an. Rappelons qu‘un sénior demandeur d’emploi sur deux est un chômeur de longue durée et que seulement 59% des entreprises sont prêtes à recruter quelqu’un de plus de 50 ans (chiffres INSEE).

La discrimination relative à l’âge d’un candidat sénior est incontestable. Plus l’âge avance, plus le retour à l’emploi s’avère compromis. Reflets d’une société au jeunisme omniprésent qui assure efficacité, rentabilité et vitalité, les séniors offriraient l’image du déclin inexorable auquel les entreprises ne veulent pas s’associer, et pourtant…

Le dynamisme des 50 ans et plus, souvent mis en avant dans les médias, n’est pas à remettre en cause, ni leur volonté à travailler, et encore moins leur capacité : nombreux sont ceux qui, craignant l’inactivité de la retraite, se joignent à des associations ou créent leur propre entreprise.

Or, si le besoin d’activité demeure du côté des séniors, c’est du côté des entreprises que le discours est ambivalent : d’une part des dispositifs sont pris pour préparer les séniors au retour à l’emploi, et d’autre part on constate que 57% des chômeurs de 50 ans et plus sont dans un chômage de longue durée.

Du côté des entreprises

En revanche, du point de vue des recruteurs, comment ne pas considérer la difficulté pour une entreprise à embaucher un sénior quand on sait que celui-ci partira à la retraite quelques années plus tard ? Certains pensent que la retraite à 60 ans était un frein au recrutement, désormais le problème est tout autre. À cet effet, la réforme des retraites compte pour mesure une aide à l’embauche d’un chômeur de plus de 55 ans égale à 14% de son salaire pendant un an.

Lier l’emploi des séniors à la formation des jeunes

Souvent jugés trop chers, pas suffisamment productifs, les séniors pâtissent des difficultés des entreprises à adapter l’emploi à leurs conditions. De leur côté les jeunes peinent à trouver un emploi. La solution pour concilier les deux réside dans le transfert des compétences des séniors vers les plus jeunes. Chacun constate que l’expérience incomparable des séniors est un vrai trésor pour l’entreprise qui les emploie.

C’est justement là que doit être mis l’accent : les séniors permettent de passer le témoin aux plus jeunes. Leur présence au sein d’une société est le gage du transfert des compétences à des salariés peu expérimentés, qui n’auront pas leur culture d’entreprise, leurs connaissances… et leur vécu.

Outre de mesures d’aide au maintient et/ou au retour à l’emploi, c’est une réelle prise de conscience de l’intérêt d’opérer cette jonction qui doit s’effectuer.

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